salaire saisonnier

Saisonniers de l’agri-agro – contrat, logement, transport, quelles protections connaître avant les campagnes d’automne

Saisonniers de la CFDT

Moissons tardives, vendanges, récoltes de fruits, conditionnement ou préparation de commandes : la fin de l’été marque le début de nombreuses campagnes saisonnières dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Ces emplois sont parfois courts, mais les droits des salariés, eux, ne sont jamais facultatifs.

Contrat, rémunération, horaires, logement, transport, sécurité : voici les principales protections à connaître avant de prendre son poste, ainsi que les outils proposés par la CFDT Agri-Agro pour ne pas rester seul face à une difficulté.

À retenir : être saisonnier ne signifie pas avoir moins de droits. Un saisonnier est un salarié à part entière, même lorsque son contrat ne dure que quelques jours ou quelques semaines.

Plus d’un million de saisonniers chaque année

En France, le travail saisonnier concerne plus d’un million de personnes par an. Dans l’agri-agro, ces salariés sont indispensables pour faire face aux périodes de récolte, aux vendanges, aux pics de transformation ou aux hausses temporaires de production.

Pourtant, beaucoup arrivent dans une entreprise ou une exploitation qu’ils ne connaissent pas, parfois loin de leur domicile, avec peu de temps pour comprendre leur contrat, organiser leur transport ou trouver un logement.

Les jeunes, les travailleurs étrangers, les intérimaires et les personnes qui enchaînent plusieurs campagnes sont particulièrement exposés aux contrats incomplets, aux heures mal comptabilisées ou aux solutions d’hébergement insuffisantes.

Rendre les droits visibles avant le début de la campagne est donc une nécessité.

1. Le contrat doit être écrit et précis

Le contrat saisonnier est généralement conclu sous la forme d’un contrat à durée déterminée. Il doit être établi par écrit, rédigé en français, signé et transmis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche.

Avant de commencer, vérifiez notamment la présence des éléments suivants :

  • le motif précis du recours au travail saisonnier ;
  • la fonction occupée et les principales tâches demandées ;
  • le lieu de travail ;
  • la date de début du contrat ;
  • la date de fin ou, lorsque celle-ci dépend de la campagne, une durée minimale garantie ;
  • la durée du travail prévue ;
  • le salaire, les primes, majorations et éventuels avantages en nature ;
  • la période d’essai, lorsqu’elle existe ;
  • la convention collective applicable.

Un contrat sans date de fin précise ne permet pas à l’employeur d’y mettre un terme du jour au lendemain sans règle. Il doit indiquer l’événement qui entraînera sa fin — par exemple la fin des vendanges ou de la récolte — ainsi qu’une durée minimale d’emploi.

Conseil CFDT : conservez une copie du contrat, de la promesse d’embauche, des plannings, des SMS et des échanges avec l’employeur ou l’agence d’intérim. Ces documents peuvent être indispensables en cas de désaccord.

2. Horaires et heures supplémentaires : tout doit être comptabilisé

La durée légale du travail à temps complet est de 35 heures par semaine. Des heures supplémentaires peuvent être demandées pendant une campagne, mais elles doivent être comptabilisées et donner lieu aux majorations ou aux contreparties prévues par la convention collective ou l’accord applicable.

Des aménagements particuliers du temps de travail peuvent exister dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Ils ne permettent toutefois pas de faire disparaître les heures réellement accomplies.

En principe, le salarié doit notamment bénéficier :

  • d’une pause d’au moins 20 minutes après six heures de travail consécutives ;
  • d’un repos quotidien d’au moins 11 heures consécutives ;
  • d’un repos hebdomadaire ;
  • du respect des durées maximales quotidiennes et hebdomadaires, sauf dérogation légalement encadrée.

Notez chaque jour votre heure d’arrivée, votre heure de départ et vos pauses. Ne vous contentez pas de retenir les horaires de mémoire jusqu’à la fin de la semaine.

« Ma Saison » : l’application CFDT à garder dans sa poche

Pour aider concrètement les travailleurs saisonniers, la CFDT propose l’application gratuite « Ma Saison ».

Elle permet notamment :

  • de consulter un guide pratique sur le contrat, la fin de contrat, le chômage, la formation et le logement ;
  • d’enregistrer ses horaires grâce au calendrier interactif « Note tes heures » ;
  • de suivre ses heures supplémentaires ;
  • de retrouver les actions organisées par la CFDT dans les territoires ;
  • de contacter directement la CFDT pour poser une question ;
  • d’ajouter plusieurs employeurs lorsque l’on enchaîne différentes campagnes.

Avec la CFDT, vos droits ne sont pas en vacances.
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3. Salaire : un saisonnier ne vaut pas moins qu’un permanent

À poste, qualification et responsabilités équivalents, la rémunération d’un salarié en CDD ne peut pas être inférieure à celle d’un salarié en CDI occupant un emploi comparable dans l’entreprise.

Le salaire doit respecter au minimum le SMIC et, lorsqu’il est plus favorable, le minimum prévu par la convention collective. Les primes, majorations pour heures supplémentaires, travail de nuit, dimanche ou jour férié dépendent ensuite des textes applicables dans l’entreprise ou la branche.

Chaque paiement doit être accompagné d’un bulletin de salaire. Vérifiez le nombre d’heures, le taux horaire, les majorations, les retenues et les éventuels avantages en nature liés au logement ou aux repas.

Une retenue pour un logement, un repas ou un transport ne doit jamais apparaître sans explication. Demandez avant l’embauche ce qui est fourni gratuitement, ce qui est facturé et selon quelles modalités.

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4. Fin du contrat : contrôlez votre dernier bulletin de salaire

À la fin du contrat, les congés payés acquis et non pris donnent lieu à une indemnité compensatrice. Pour un CDD, elle correspond en principe à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat.

En revanche, la prime de précarité n’est généralement pas due à la fin d’un contrat saisonnier, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Il est donc indispensable de vérifier la convention collective mentionnée sur le contrat et le bulletin de salaire.

L’employeur doit également remettre :

  • le certificat de travail ;
  • l’attestation destinée à France Travail ;
  • le reçu pour solde de tout compte ;
  • le dernier bulletin de salaire.

Ne signez pas précipitamment un solde de tout compte que vous n’avez pas vérifié. Comparez-le à vos relevés d’horaires et à votre contrat.

5. Logement : deux dispositifs à connaître en 2026

VISALE est désormais plus accessible aux saisonniers

La garantie VISALE permet à Action Logement de se porter gratuitement garant pour le locataire. Elle peut rassurer un propriétaire qui hésite à louer un logement à une personne disposant d’un contrat court.

Depuis janvier 2026, plusieurs conditions ont été améliorées pour les saisonniers :

  • le critère de mobilité géographique a été supprimé : un saisonnier local peut désormais être éligible ;
  • la garantie peut concerner un logement temporaire ou une résidence principale, notamment pour les personnes qui enchaînent plusieurs saisons ;
  • les plafonds de loyers ont été alignés sur ceux des autres bénéficiaires de VISALE.

En 2026, les plafonds de loyer, charges comprises, peuvent atteindre :

  • 1 940 euros en Île-de-France ;
  • 1 575 euros dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, en Corse, dans les DROM et à Saint-Martin ;
  • 1 365 euros dans les autres communes.

Le saisonnier doit être âgé d’au moins 18 ans et disposer d’un contrat portant la mention « saisonnier », ou d’une promesse d’embauche devant débuter dans les trois mois suivant la demande.

La demande de visa doit être réalisée avant la signature du bail.

Tester son éligibilité à la garantie VISALE

Jusqu’à 600 euros pour l’hébergement des saisonniers agricoles

Action Logement propose également une aide pouvant atteindre 600 euros par an pour participer aux frais d’hébergement des salariés saisonniers agricoles.

Elle peut notamment couvrir une location, une chambre d’hôte, un gîte, une chambre chez l’habitant ou un emplacement de camping. La demande doit être envoyée avec les justificatifs au plus tard dans les six mois suivant le début du travail saisonnier.

Consulter l’aide aux saisonniers agricoles

Lorsque le logement est fourni par l’employeur

Un hébergement fourni ou organisé par l’employeur doit respecter les règles de sécurité, d’hygiène et de salubrité. Des règles spécifiques encadrent notamment l’hébergement collectif des travailleurs saisonniers agricoles.

Avant votre arrivée, demandez des informations écrites sur le coût, le nombre de personnes hébergées, les équipements disponibles, la distance avec le lieu de travail et les conditions de départ du logement.

6. Transport : ce que l’employeur doit prendre en charge

Les saisonniers bénéficient des mêmes règles que les autres salariés pour les déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail.

Lorsqu’un salarié utilise un abonnement de transport public — train, bus, métro, tramway ou service public de location de vélo — l’employeur doit prendre en charge au moins 50 % du coût de l’abonnement, sur la base du trajet le plus court.

Cette obligation concerne les abonnements hebdomadaires, mensuels ou annuels. Les billets achetés à l’unité ne sont pas obligatoirement remboursés.

Pour les déplacements en voiture personnelle, le remboursement du carburant ou le versement d’un forfait mobilités durables dépend d’un accord collectif ou d’une décision de l’employeur.

Avant d’accepter une mission éloignée, vérifiez donc les horaires de prise de poste, l’existence éventuelle d’une navette, les possibilités de covoiturage et le coût réel du trajet.

7. Chaleur, équipements et sécurité : la prévention est obligatoire

Les vendanges et les récoltes de fin d’été peuvent exposer les salariés à la chaleur, au soleil, aux gestes répétitifs, aux charges lourdes, aux machines et aux produits chimiques.

Depuis le 1er juillet 2025, les obligations de prévention contre les épisodes de chaleur intense ont été renforcées. Elles concernent également les employeurs relevant du régime agricole.

L’employeur doit notamment :

  • évaluer les risques liés à la chaleur ;
  • adapter si nécessaire les horaires, les cadences et l’organisation du travail ;
  • prévoir des pauses et des zones de récupération adaptées ;
  • mettre de l’eau potable à disposition ;
  • fournir gratuitement les équipements de protection nécessaires ;
  • informer les salariés des risques et des consignes de sécurité.

Un contrat court ne justifie jamais une formation bâclée. Avant d’utiliser une machine, un outil coupant ou un produit dangereux, le salarié doit recevoir des consignes compréhensibles et adaptées à son poste.

La checklist du saisonnier avant de partir

  • J’ai reçu une promesse d’embauche ou un contrat écrit.
  • Je connais mon salaire, mes horaires et mon lieu de travail.
  • Je sais quelle convention collective s’applique.
  • Je connais le coût exact du logement et des repas.
  • J’ai vérifié mes possibilités de transport.
  • J’ai testé mon éligibilité à VISALE et aux aides d’Action Logement.
  • J’ai téléchargé l’application CFDT « Ma Saison ».
  • Je note chaque jour mes heures de travail et mes pauses.
  • Je conserve mes contrats, plannings, bulletins de salaire et échanges écrits.

Pour la CFDT Agri-Agro, les saisonniers ne doivent plus être les invisibles de la filière

Sans les saisonniers, de nombreuses récoltes, vendanges et campagnes de production ne pourraient pas avoir lieu. Cette contribution essentielle doit être reconnue par des contrats clairs, des salaires correctement calculés, des horaires maîtrisés et des conditions dignes de logement, de transport et de sécurité.

Informer les salariés est indispensable. Mais les employeurs et les filières doivent également agir en amont : anticiper les recrutements, organiser l’accueil, former les encadrants, proposer des solutions de mobilité et garantir un hébergement digne.

Un emploi saisonnier peut être court. Le respect dû à celles et ceux qui l’exercent ne doit jamais l’être.

Retrouver les informations CFDT Agri-Agro pour les saisonniers

Publié par Jérôme Stravianos, 0 commentaire